Les 30 mots sanskrits à connaître pour le yoga

Les 30 mots sanskrits à connaître pour le yoga

Le yoga vient d’Inde et son enseignement ancestral se sert beaucoup du sanskrit, une langue indo-européenne de la famille indo-aryenne. Elle est une des 22 langues officielles de l’Union indienne. Sanskrit signifie “parfait”, “achevé”. Sans avoir jamais été une langue courante, le sanskrit était autrefois utilisé par les brahmanes à des fins spirituelles. Son usage actuel est plutôt patrimonial. Voici quelques mots et expressions que vous rencontrerez peut-être (en tous cas dans notre enseignement).

  • Ananda : félicité. Mentionné au vers 17 du chapitre 1 des Yoga Sutras de Patanjali, ananda marque l’étape de joie intérieure profonde du chemin qui mène à la rencontre de soi.  On retrouve ce terme dans de nombreux noms de Swami (Sivananda, Satyananda, Janakananda…).
  • Asana : posture. Dans l’usage courant, un asana est une posture de yoga. La plupart des postures de yoga comprennent ce mot (savasana, la posture du cadavre, sirsasana, la posture sur la tête, etc.). Dans les Yoga Sutras, un asana est défini comme une posture confortable et stable, c’est-à-dire une posture propice à la méditation. Asana est la troisième des huit étapes (ashtanga) décrites par Patanjali et la deuxième dans les textes tantriques (Gheranda Samhita et Hatha Yoga Pradipika). En Inde, le mot est aussi utilisé pour désigner un tapis de yoga.
  • Bandha : tenir, serrer. Un bandha est une pratique qui consiste à contracter différents muscles dans une certaine posture de façon à contrôler la circulation de l’énergie (prana). On les appelle aussi des verrouillages énergétiques. Ils sont souvent utilisés ensemble et en combinaison avec un pranayama ou une mudra. Il en existe quatre :
    Jalandhara bandha (le verrouillage du menton)
    Uddiyana bandha (le verrouillage du ventre)
    Mula bandha (le verrouillage de la racine)
    – Maha bandha (le grand verrouillage), technique avancée qui combine les trois précédentes.
  • Bhastrika : la respiration du soufflet. Pranayama dans lequel l’inspiration et l’expiration sont aussi fortes et où l’on retient le souffle poumons pleins en exécutant deux bandhas.
  • Chakra : roue, cercle. Un chakra est un centre psychique, un point dans le corps subtil où les différentes dimensions de l’être (physique, mentale et énergétique) se rejoignent. Nos chakras peuvent être plus ou moins actifs et nous pouvons en avoir plus ou moins conscience. Différentes pratiques de Hatha Yoga permettent de prendre conscience et d’activer ces points. Les 7 chakras principaux sont :
    Muladhara, au-dessus du périnée
    Swadhisthana, à la base de la colonne vertébrale
    Manipura, dans la colonne vertébrale, au niveau du nombril
    Anahata, dans la colonne vertébrale, au niveau du cœur
    Vishuddhi (ou Vishuddha), dans la colonne vertébrale, à la base de la gorge
    Ajna, au milieu de la tête, au niveau du centre entre les sourcils
    Sahasrara, sur le sommet de la tête
    On peut aussi ajouter Bindu, sur le sommet de l’arrière de la tête.
  • Chitta : conscience.
  • Dharana : concentration. C’est la sixième des huit étapes de Patanjali et du yoga tantrique. C’est aussi la première étape dite “intérieure”. État de conscience où il s’agit de concentrer le mental sur un objet unique et d’y revenir à chaque fois que le mental nous en détourne.
  • Dhyana : méditation. C’est la septième des huit étapes de Patanjali et du yoga tantrique. C’est la deuxième étape “intérieure” qui vient après Dharana et avant Samadhi. État de conscience dans lequel le mental et l’objet de concentration fusionnent dans l’absence totale de pensées.
  • Hatha yoga : de ha (soleil) et tha (lune), peut se traduire en français par l’unité du soleil et de la lune. Il s’agit de l’ensemble des pratiques qui permettent la circulation harmonieuse de l’énergie dans le corps, à quelque niveau que ce soit, du physique au spirituel, c’est-à-dire au-delà des dispersions de la simple conscience ordinaire. Il a été décrit dans le texte Hatha Yoga Pradipika (petite lumière du Hatha Yoga) et s’est nourri des influences tantriques et shivaïtes remontant à l’époque médiévale. En Occident, avec la multiplication des appellations marketing de “yogas” qui se rapprochent plus de la gymnastique que du yoga, l’ensemble des pratiques du Hatha Yoga a perdu son sens, sinon sa vitalité. Bien souvent il s’est réduit à un certain nombre d’exercices purement physiques, oubliant son but originel d’éveil des états de conscience en sommeil.
    Le terme Hatha Yoga peut aussi désigner les pratiques de purification, appelées autrement shatkriya ou shatkarma.
  • Kapalbhati : respiration “qui rend le crâne brillant”. Exercice respiratoire considéré à la fois comme pranayama et comme pratique de purification (shatkarmas). L’expiration est forcée alors que l’inspiration se fait toute seule. La rétention se fait poumons vides avec trois bandhas.
  • Mantra : syllabe ou série de syllabes répétée avec un certain rythme dans un exercice de méditation pour changer d’état de conscience. Ils peuvent être prononcés à voix haute ou répétés intérieurement, en silence.
  • Mauna : silence. Un des fondamentaux de toutes les pratiques yogiques. Condition et but de toute pratique, le silence permet d’atteindre en conscience la paix qui nous habite. C’est, par exemple, sur ce fond de silence que se prononce ou se chante un mantra. Le silence permet aussi, durant les retraites et autres initiations de yoga, d’augmenter la sensibilité aux dimensions subtiles de l’être. Antar mauna, le Silence intérieur, est une des formes de méditation que nous pratiquons.
  • Mudra : position, attitude. Les mudras sont des positions ou des attitudes qui développent la conscience des courants d’énergie vitale. Elles ont surtout un but spirituel, c’est-à-dire qu’elles facilitent l’accès à des états de conscience plus profonds. Le Gheranda Samhita en recense 25. Certaines sont des pratiques simples, abordées par les élèves au début de leur pratique. D’autres sont des techniques plus avancées. Cela peut être une position des doigts (chin mudra, jnana mudra), de la langue (kechari mudra), ou d’autres parties du corps, seules ou combinées, une orientation du regard (par exemple vers le centre entre les sourcils, shambhavi mudra). Elles peuvent être utilisées en association avec les asanas, le pranayama ou la méditation. Une mudra peut aussi combiner une posture et un type de respiration particulier.
  • Nadi : tube, canal. Les nadis sont les canaux du corps subtil et non physique, c’est-à-dire qu’ils peuvent être ressentis en raison de l’état de conscience atteint par la pratique régulière du yoga, tout en échappant, pour le moment, aux appareils de la science. Comme d’ailleurs la conscience, inaccessible à la science, quand bien même tout le monde fait l’expérience de sa propre conscience. A l’intérieur des nadis circule l’énergie vitale (prana). Le premier texte faisant état de l’expérience des nadis remonte au Chandogya Upanishad, écrit entre le VIIIème et le VIème siècle avant J-C. Les trois nadis principales sont Ida, Pingala et Sushumna, qui remontent le long des chakras majeurs. D’après certaines traditions, il y aurait 72 000 nadis, comparables aux méridiens de la tradition chinoise.
  • Neti : nettoyage du nez. C’est une des six techniques de purification (shatkarma ou shatkriya) du Hatha Yoga. La pratique la plus courante, le Jala neti, se sert d’eau tiède salée et d’un lota (ou pot de neti). Une technique plus avancée, le sutra neti, consiste faire passer un fil de coton enduit de cire ou un cathéter par les narines. Pour en savoir plus, lire notre article complet.
  • Om tat satOm tat sat : nous terminons le yoga nidra et les méditations par cette expression ou par “Hari Om Tat Sat” qui est un très ancien mantra des Védas et qu’on pourrait traduire par “Ceci est”.  Swami Satyananda explique en détail le sens de cette expression. Hari signifie l’univers manifesté, la vie. Om représente le non-manifesté, la réalité absolue, présente en toute chose.
  • Prana : souffle vital.  Il est l’énergie vitale qui imprègne tout et que les êtres vivants absorbent notamment par l’air qu’ils respirent. Proche du chi chinois et du ki japonais.
  • Pranayama : exercices de respiration. Composé du mot prana (voir ci-dessus) et soit du mot yama (maîtrise) soit du mot ayama (expansion). Les exercices qui le constituent visent à ce que l’énergie vitale circule librement dans tout l’être, corps et esprit. Exemples d’exercices de pranayama : la respiration du soufflet (bhastrika),  la respiration alternée (nadi shodana) ou le bourdon (bhramari pranayama).
  • Pratyahara : retrait des sens de leur objet. Le terme vient de ahara (nourriture, ce que nous absorbons de l’extérieur) et de prati (contre, éloigné). C’est la cinquième des huit étapes de Patanjali et du yoga tantrique. Il s’agit de ne plus se laisser distraire par les impressions sensorielles externes pour diriger toute son attention vers l’intérieur. Il existe différentes pratiques de pratyahara proposées lors des cours et des retraites de yoga.
  • Sadhana : pratique, cheminement spirituel, autodiscipline qui s’exprime communément dans une pratique quotidienne du yoga.
  • Shankprakshalana : technique de purification qui permet de nettoyer les intestins pour dissiper les tensions. Lire notre article complet.
  • Savasana : la posture du cadavre ou du corps immobile. Se pratique allongé sur le dos. Une des postures les plus importantes du yoga. A pratiquer 15 minutes par jour selon Swami Janakananda. Nous l’utilisons souvent avant les pratiques pour s’apaiser et entre deux séries de postures afin de bien ressentir et intégrer les effets de celles-ci.
  • Samadhi : état d’absorption, la huitième et ultime étape selon Patanjali et dans le yoga tantrique. Dans l’interprétation védantique du yoga, il désigne un état d’union avec le “dieu” intérieur (âtman) ou d’absorption dans l’absolu (brahman). État de conscience sans conscience, de fusion avec le tout.
  • Sat : existence, réel.
  • Sat-Chit-Ananda : Existence-Conscience-Félicité. Dans une perspective dévotionnelle, cela correspond à la fusion de notre conscience avec les manifestations du divin qui s’y révèlent. Les pratiques du tantrisme permettent de se rapprocher du divin sur le plan de l’existence (Sat), de la conscience (Chitta) et de la félicité (Ananda), avant d’en faire l’expérience de l’unité indissoluble. Dans une perspective non dévotionnelle, cela correspond à la joie intérieure de notre conscience pleinement éveillée à la totalité du tout, c’est-à-dire à l’expérience indicible de la pure présence.
  • Swami : personne qui, par sa sadhana, s’est éveillée à la pure présence. Ce titre est reçu de son guru, au cours d’une cérémonie initiatique. Cette cérémonie est accessible à des personnes reconnues comme des maîtres spirituels : dans notre tradition, Swami Sivananda, Swami Satyananda, Swami Janakanda, Swami Ma Sita Savitri.
  • Tratak : regard immobile. La pratique consiste à regarder un point ou un objet de façon continue. Les yeux, comme le mental, ne s’occupent que d’une seule chose : la flamme d’une bougie, un symbole, une fleur, sa propre ombre… Lire notre article complet.
  • Ujjayi : respiration victorieuse, autrement appelée respiration psychique. Respiration avec un son doux et chuchotant dans la gorge produit par la contraction de la glotte, qui ressemble au son d’une personne endormie. Dans certaines traditions, elle fait partie du pranayama. Dans notre tradition, elle accompagne de nombreuses pratiques de méditation et peut se pratiquer pendant des heures.
  • Yoga : union, unité. A la fois but et méthode, le yoga est l’ensemble des techniques qui permettent à un·e pratiquant·e de parvenir à l’union entre sa conscience et l’univers, d’être à la fois témoin et expérience.
  • Yoga nidra : sommeil du yoga. Technique de relaxation réintroduite par Swami Satyananda à partir de pratiques tantriques anciennes, qui consiste à avoir le corps en sommeil tandis que la conscience en éveil chemine au plus profond d’elle-même.
  • Yogi/Yogini : pratiquant·e du yoga.

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