Les bienfaits des asanas : habiter pleinement notre corps
Lorsque l’on découvre le yoga, on commence souvent par apprendre des postures : l’arbre, la pince, le chat, le cobra… Mais un asana n’est pas simplement une position à reproduire.
La posture est une expérience. Elle nous invite à sentir notre corps, à observer notre respiration et à porter notre attention à ce qui se passe en nous. C’est cette association entre mouvement, respiration et attention qui fait toute la richesse de la pratique.
Assouplir et mobiliser le corps
La pratique régulière des asanas améliore progressivement la souplesse et la mobilité articulaire. Les postures permettent de mobiliser le corps dans des directions et des amplitudes parfois peu sollicitées dans notre quotidien.
Mais il ne s’agit pas de devenir « souple » à tout prix. Aller plus loin dans une posture n’est pas nécessairement mieux. Une partie des progrès vient aussi du fait que le système nerveux apprend à accepter plus sereinement la sensation d’étirement.
Avec le temps, la répétition des postures et la variété de mouvements proposés (flexions, extensions, torsions…), le corps retrouve de la liberté, y compris dans la vie quotidienne et dans d’autres activités physiques (sports, danse…).
Renforcer en douceur
Les asanas sollicitent également les muscles, notamment ceux des jambes, des bras, du dos, du centre du corps, du cou. Le maintien d’une posture demande un travail de stabilité et d’équilibre qui développe une force fonctionnelle.
Dans le yoga, nous cherchons cependant moins la performance que la qualité de l’engagement. Une posture peut être solide sans être crispée.
C’est tout le sens de sthira sukham : une posture à la fois stable et confortable. On apprend à trouver le juste équilibre entre effort et relâchement, entre tonicité et détente.
Retrouver son équilibre
Les postures d’équilibre sont particulièrement intéressantes, que ce soit pour gérer le stress ou pour prévenir certains effets du viellissement. Dans Vrksasana, la posture de l’arbre, par exemple, il suffit parfois qu’une pensée traverse le mental pour que l’équilibre vacille !
Ces postures développent la proprioception, c’est-à-dire la perception de la position de notre corps dans l’espace. Elles nous obligent aussi à affiner notre attention : sentir nos appuis, ajuster notre posture, observer notre respiration.
Petit à petit, nous portons plus d’attention aux signaux de notre corps.
Apaiser le système nerveux
Un des buts du yoga selon Patanjali est l’arrêt des fluctuations du mental. L’apaisement du système nerveux est peut-être l’un des effets les plus précieux d’une pratique de yoga consciente.
Lorsque nous ralentissons les mouvements, que nous respirons calmement et que nous portons notre attention aux sensations, nous pouvons favoriser l’activation du système nerveux parasympathique, le système du « repos et de la récupération ».
Le nerf vague joue un rôle important dans cette régulation. Il est le principal nerf du système parasympathique et relie notamment le cerveau à plusieurs organes du thorax et de l’abdomen. Son activité participe au retour de l’organisme vers un état plus calme après une situation de stress.
Cela ne signifie pas que chaque posture « active le nerf vague » de manière automatique. C’est plutôt l’ensemble formé par les mouvements lents, la respiration, le relâchement et l’attention qui peut favoriser cette régulation.
Être davantage présent à soi
Pendant une posture, nous pouvons porter notre attention sur les points d’appui, les tensions, la respiration, les sensations d’étirement ou encore les mouvements les plus subtils du corps.
Cette attention développe ce que l’on appelle l’interoception : la capacité à percevoir ce qui se passe à l’intérieur de soi. Nous apprenons ainsi à mieux reconnaître nos sensations et, parfois, à repérer plus rapidement ce dont notre corps a besoin.
Une posture devient alors bien plus qu’un exercice physique : elle devient un moment de présence à soi.
Des postures pour aller vers l’intérieur
Dans une pratique complète du yoga, les asanas ne sont pas une fin en soi. Ils permettent de préparer le corps à l’immobilité, d’apaiser progressivement l’agitation et de rendre la respiration plus consciente.
Après avoir bougé, étiré et renforcé le corps, vient naturellement le temps de ralentir : relaxation, respiration consciente, méditation…
C’est aussi pour cela que nous pratiquons et enseignons le yoga : non pas pour réussir des postures spectaculaires, mais pour retrouver, séance après séance, un rapport plus attentif et plus apaisé à soi.
Les asanas nous apprennent finalement quelque chose de simple : être dans son corps, l’écouter et l’habiter pleinement.
